Ostracisme

te serrer dans mes bras solitude
ton doux corps nicotine subtil
il était un été où j’ai cru t’oublier
mais viens-là je t’aime
reviens, je t’aime

et qui étais-tu insolente pour m’imposer
la contemplation de ton sourire ?
peut-être les jours où le soleil de midi
est blanc comme l’hiver

mais j’avais voulu te saccager plus jeune
aujourd’hui je t’aime s’il te plaît
je te dirai que tu es belle solitude
dans mes bras qui tremblent
dans mes bras-éponges qui ne savent même plus penser

loin de tout le monde et d’hier
il ne me reste plus que la mémoire de demain
les souvenirs de jamais et peut-être
et toi sur une larme de mes joues

je voudrais tant te lire comme une pièce de théâtre
mais tu n’es que le simulacre de mon ostracisme volontaire
je ne sais plus rien que mon désir de te haïr
comme un artiste au fond d’une bouteille d’alcool